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Paris, 14 mai 2026 – Le Centre Méditerranéen pour la Paix et la Sécurité (CMPS) a soumis sa contribution au Comité des Nations Unies pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, dans le cadre de l’élaboration des lignes directrices sur les disparitions de personnes dans le contexte des migrations.
La contribution du CMPS met en évidence le caractère profondément régionalisé des disparitions de migrants dans l’espace méditerranéen, où les routes migratoires, les dispositifs de contrôle des frontières, les opérations de recherche et de sauvetage, les mécanismes de détention et les politiques d’externalisation migratoire forment un système transnational de disparition et de fragmentation des responsabilités. Le Centre souligne que les disparitions ne constituent pas des événements isolés, mais résultent souvent d’interactions complexes entre États d’origine, de transit et de destination, acteurs non étatiques, autorités maritimes, réseaux de trafic et dispositifs sécuritaires régionaux.
La contribution insiste particulièrement sur les lacunes persistantes en matière de recherche et de sauvetage en mer en Méditerranée. Le CMPS considère que les retards dans les opérations de secours, les entraves aux activités de sauvetage, les refus de coordination maritime ou les retards dans la désignation de lieux sûrs de débarquement peuvent engager la responsabilité internationale des États lorsqu’ils contribuent à la disparition de personnes migrantes ou à leur exposition à des violations graves des droits humains. Le Centre appelle également à une protection renforcée des organisations humanitaires, des journalistes et des défenseurs des droits humains impliqués dans la documentation des disparitions en mer.
Le CMPS souligne également l’absence d’architecture régionale efficace permettant l’identification transfrontalière des personnes disparues et des dépouilles non identifiées. Par ailleurs, la contribution recommande la création de mécanismes régionaux interopérables de collecte, de centralisation et d’échange de données ante-mortem et post-mortem afin de garantir le droit des familles à la vérité, à l’identification et à la restitution digne des dépouilles.
La contribution met enfin en avant l’asymétrie des obligations pesant sur les États d’origine, de transit et de destination dans la chaîne migratoire méditerranéenne. Le CMPS appelle à une clarification des responsabilités respectives des États en matière de prévention des disparitions, de protection des familles, de coopération judiciaire et consulaire, ainsi que de prévention des transferts ou retours exposant les migrants à des risques de disparition forcée ou de détention arbitraire.
Les disparitions de migrants en Méditerranée ne peuvent être appréhendées uniquement comme une crise humanitaire. Elles révèlent également les limites des architectures régionales de gouvernance migratoire, de protection des droits humains et de coopération internationale. Renforcer les obligations de prévention, de recherche, d’identification et de responsabilité constitue aujourd’hui une nécessité juridique et humanitaire urgente.
La soumission complète est disponible en anglais :
Contact : secretariat@cmps-med.org
